CRSNG

Histoire de recherche

Des stratégies sures et viables pour la gestion des déchets des petits réacteurs modulaires
Le Dr Arthur Situm, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les petits réacteurs nucléaires modulaires – sécurité et délivrance des autorisations, à la University of Regina, effectue une expérience en environnement contrôlé à l'intérieur d'une boîte à gants spécialisée LC Systems, dans le laboratoire d'analyse de la corrosion par le combustible sur les petits réacteurs modulaires.

Les émissions de gaz à effet de serre constituent un enjeu à l’échelle mondiale, et il est urgent de trouver des solutions en vue de les réduire. Et si les petits réacteurs modulaires (PRM) en étaient une? Les PRM sont de petites centrales nucléaires qui produisent des quantités modestes d’électricité ou de chaleur : ils permettent davantage de souplesse et sont plus surs et faciles à déployer que les réacteurs traditionnels de grande taille.

Selon Arthur Situm, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les petits réacteurs nucléaires modulaires – sécurité et délivrance des autorisations, le nucléaire est l’un des meilleurs outils à notre disposition.

« L’énergie nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre et ne fluctue pas, contrairement aux types d’énergie qui dépendent des conditions météorologiques, comme l’énergie éolienne. De plus, elle ne requiert pas d’énergies fossiles en appoint ni d’options dispendieuses pour le stockage », explique M. Situm, professeur adjoint en génie à la University of Regina.

Bien que les PRM produisent des déchets (comme les autres sources d’énergie), le volume de ces déchets est relativement faible par rapport à la quantité d’énergie produite, sans compter que, contrairement à ce qui se passe avec les autres sources, il est possible de les récupérer pour les confiner en toute sécurité.

Dans le cadre d’un partenariat entre le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et Ressources naturelles Canada (RNCan), M. Situm et son équipe travaillent actuellement à concevoir des stratégies de gestion de ces déchets. Les Laboratoires Nucléaires Canadiens (LNC) et SaskPower participent aussi au projet de recherche, qui a pour objectif l’élaboration et la mise en œuvre de plans visant la production, la collecte, le transport et le stockage des déchets des PRM.

« La gestion et l’élimination à long terme en toute sécurité des déchets radioactifs ont toujours été l’une des grandes priorités du secteur du nucléaire », affirme George Xu, directeur technique, à la tête d’une section axée sur le traitement des déchets et les sciences chimiques aux LNC. « L’alliance entre Ressources naturelles Canada et le CRSNG est une occasion en or pour les chercheuses et chercheurs de l’université de Regina de profiter de l’expertise et des installations des LNC pour relever ce défi en collaboration. Ensemble, nous travaillons à préparer le déploiement de petits réacteurs modulaires. »

M. Situm et son équipe étudient divers facteurs, dont la quantité de déchets qu’il faudra gérer. Ils travaillent également à la conception de modèles de dépôt pour les objets ne présentant que des traces de contamination, examinent comment les combustibles avancés se comportent au fil du temps dans des conditions de confinement et tentent de sonder l’opinion publique sur les stratégies potentielles de gestion des déchets.

De l’avis de M. Situm, l’un des aspects les plus surprenants de l’énergie nucléaire est la faible quantité de déchets produits. « La production de l’électricité consommée par une personne au cours de sa vie génère tout juste assez de combustible nucléaire usé pour remplir une canette de boisson gazeuse. En comparaison, il faut 93 480 livres de charbon ou 608 440 pieds cubes de gaz naturel pour produire l’électricité consommée par une personne au long de sa vie, lesquels généreront des émissions importantes de gaz à effet de serre. »

Les spécialistes de SaskPower qui planifient la gestion des déchets radioactifs jouent aussi un rôle clé dans le projet. Ce partenariat vient appuyer les initiatives stratégiques de SaskPower et offrir une précieuse formation aux étudiantes et étudiants pour les préparer à faire carrière dans le nucléaire.

« SaskPower est ravie de collaborer avec M. Situm dans le cadre de cette initiative, qui s’inscrit dans notre politique d’innovation et de bonne gérance environnementale », indique Len Clewett, vice-président directeur du développement nucléaire à SaskPower. « Nous avons hâte de tirer profit des résultats de cette recherche à mesure que progresse notre projet de PRM. »

Une autre dimension importante du projet est la formation de la prochaine génération de spécialistes de la technologie des PRM, qui permettra d’assurer une relève prête à répondre aux demandes d’un secteur du nucléaire en pleine évolution.

« Travailler avec des étudiantes et étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs, c’est investir dans l’avenir », ajoute M. Situm. « On s’assure ainsi de leur transmettre les connaissances et les compétences nécessaires pour qu’ils puissent relever les défis de demain. Du même coup, on se trouve à promouvoir la durabilité environnementale, à stimuler la croissance économique et à assurer la sécurité et l’innovation dans le secteur du nucléaire. »

Le présent article a été adapté, traduit et publié avec l’autorisation de la University of Regina (en anglais seulement).