Histoire de recherche
Un tambour traditionnel commence à résonner. Des motifs apparaissent sur une plaque de Chladni artisanale, une surface plane qui rend les ondes sonores visibles, sous le regard curieux de jeunes apprenantes et apprenants. Appelée « voix du tambour », cette démonstration est un exemple du type d’activités pratiques offertes dans le cadre du
Le programme s’inspire du principe micmac d’Etuaptmumk – « double perspective » ou « double regard » –, un concept promu par les aînés Albert et Murdena Marshall ainsi que par Cheryl Bartlett, Ph. D. Cette approche consiste à appréhender le monde selon une perspective qui allie savoir autochtone et connaissances occidentales. Elle invite les jeunes à tirer parti des deux systèmes de connaissance pour mieux comprendre le monde qui les entoure.
Cette initiative d’éducation en STIAM (science, technologie, ingénierie, arts et mathématiques) propose des expériences d’apprentissage dans leur culture aux communautés du Mi’kma’ki, le territoire ancestral non cédé des Micmacs (situé dans la région maritime est du pays).
Guidé par des aînées et aînés, des gardiennes et gardiens du savoir et des pédagogues, le programme amène les jeunes Autochtones à réaliser que la science prend des formes insoupçonnées : elle n’existe pas seulement dans les manuels scolaires, mais se manifeste aussi dans la culture, la communauté et le vécu.
Le programme de double perspective a été lancé il y a dix ans par Shannan Grant et Ann Syliboy (Micmaque) et continue d’exister grâce au travail de Krista Collier-Jarvis (Micmaque), avec le soutien de Cheyenne Hardy. Il permet toujours aux jeunes Autochtones d’explorer les STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) au moyen d’approches adaptées à leur culture et basées dans la communauté. Dans le cadre d’ateliers à l’école, de camps et d’activités communautaires, les participantes et participants abordent des sujets comme les réseaux hydrographiques, la géologie, l’astronomie et l’intendance environnementale.
Le programme est fondé sur un concept simple : l’apprentissage par l’expérience. Il est mené à bien avec le concours de gardiennes et gardiens du savoir, de scientifiques et d’étudiantes et étudiants universitaires de différents horizons. Par exemple, Mi'kmaw Moons (lunes micmaques) – une initiative inspirée du
Le programme répond à un problème important : les Autochtones sont sous-représentés dans les STIM, et beaucoup de jeunes ne voient pas leur culture ni leurs expériences reflétées dans les programmes de science conventionnels. En créant des occasions d’apprentissage ancrées dans la culture, le programme de double perspective favorise la confiance en soi, la curiosité et un sentiment d’appartenance.
Le programme ne se limite pas aux ateliers. Il offre aussi des trousses de formation, des ressources bilingues et des projets de récits numériques qui permettent d’intégrer l’approche en salle de classe, dans les bibliothèques et dans les foyers – et, par conséquent, de démocratiser l’apprentissage des STIM et de renforcer les liens dans la communauté. Pour certains jeunes, les répercussions sont profondes, comme le montre la réflexion de l’un des participants : « Avant ce camp, je me demandais si je pouvais exceller en science. Maintenant, je sais que c’est possible. »
Le financement accordé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada au titre du Programme
Photo : MSVU