CRSNG

Histoire de recherche

L’expérience, ça compte
Photo of Jason Pounall sitting at a desk.

Jason Pounall plaisante que « les vieux » ne devraient pas retourner à l’école.

« Les jeunes adultes dans ma classe ont l’esprit vif et me gardent alerte, s’exclame-t-il en riant. Avec tout ce qui est à notre disposition aujourd’hui, l’accès à l’information et à la technologie, l’école est totalement différente de ce qu’elle était dans mon temps. »

En 2017, M. Pounall est parti de la Jamaïque pour s’installer à Calgary avec son diplôme d’ingénieur en main. Il a vite constaté que ce n’était pas ce qu’il voulait faire dans la vie. S’étant découvert un intérêt pour la médecine, il a envoyé son dossier d’admission à l’école de médecine Cumming de la University of Calgary. Après avoir été informé que son baccalauréat en génie datait d’il y a trop longtemps et ne répondait pas aux conditions d’admission, M. Pounall a décidé de retourner sur les bancs d’école en tant qu’étudiant adulte afin d’obtenir les prérequis qui lui permettraient de réaliser son rêve.

Actuellement, il en est à sa deuxième année dans le programme de sciences naturelles de la faculté des sciences à la University of Calgary. Après sa première année, il a commencé à chercher des façons de renforcer sa candidature pour entrer à la faculté de médecine. Une conversation fortuite avec le professeur Gordon Chua, Ph. D., sur la transcription et la traduction de l’ADN s’est rapidement transformée en une occasion inespérée.

« Le professeur Chua m’a encouragé à acquérir de l’expérience pratique dans un laboratoire, ce qui représenterait un atout extraordinaire à ajouter à ma demande d’admission à la faculté de médecine, explique M. Pounall. Il m’a mis en contact avec le professeur Marcus Samuel et m’a aiguillé vers les bourses de recherche de 1er cycle (BRPC). J’ai envoyé une demande deux jours avant la date limite! »

Grâce au financement du CRSNG, M. Pounall a pu passer l’été dernier dans le laboratoire et travailler en étroite collaboration avec les professeurs Samuel et Chua ainsi que leurs étudiantes et étudiants de cycles supérieurs sur un projet collaboratif. L’équipe travaille sur l’édition génique de pois chiches dans le but d’en améliorer la valeur nutritive. Pour ce faire, elle utilise la technique CRISPR (courtes répétitions palindromiques régulièrement espacées) (site en anglais seulement), qui permet de cibler des parties précises de la séquence d’ADN d’un pois chiche pour les modifier.

L’un des objectifs de l’équipe de recherche est d’augmenter la teneur en protéines des pois chiches en vue d’aider à contrer les effets de la crise alimentaire dans le monde. De plus, elle espère favoriser la ramification, ce qui augmente le nombre de feuilles par plante et contribue donc à lutter contre les changements climatiques. Ces plantes ne sont pas considérées comme des organismes génétiquement modifiés, puisque, grâce à l’utilisation de CRISPR, elles ne contiennent pas d’ADN de source externe.

« Jason a été un ajout précieux à notre groupe de recherche qui se penche sur la création d’une variété de pois chiches à valeur nutritionnelle accrue et tolérante aux herbicides pour le Canada. Il cherche activement à apprendre et à aider dans le processus de culture des tissus et d’édition génique que nous mettons au point pour un produit agricole comme le pois chiche, qui pourrait être important pour l’économie de l’Alberta et du Canada », dit le professeur Samuel.

M. Pounall plaisante lorsqu’il dit que « les vieux » ne devraient pas retourner à l’école (en fait, il n’a que 38 ans) et il reconnaît l’incidence de son expérience en laboratoire – rendue possible grâce aux BRPC – sur ses études et sur son avenir en général.

« L’expérience compte. Peu d’étudiantes et étudiants de premier cycle ont la chance de travailler déjà dans leur domaine; je sais que cette occasion me permettra de me démarquer dans le cadre du processus d’admission à la faculté de médecine. J’encourage tout le monde à chercher des expériences qui favoriseront leur réussite », conclut-il.

Cet article a été traduit et publié avec la permission de la University of Calgary (en anglais seulement).