Histoire de recherche
Zac Hudson est d’avis que votre café du matin doit être fort et que vous devriez pouvoir le déguster sans vous sentir coupable.
C’est pourquoi ce chercheur de la University of British Columbia (UBC) vient de passer les trois dernières années à concevoir une capsule à café entièrement compostable avec l’aide de l’entreprise
« Chaque année, plus de 40 milliards de capsules à café à usage unique aboutissent à la décharge. Et celles qui sont en plastique pourraient bien y rester quasi intactes pendant des centaines, voire des milliers d’années », souligne M. Hudson, professeur adjoint et
Les capsules NEXE ne mettent pas plus de 35 jours à se dégrader complètement dans une usine de compostage industriel. Elles sont fabriquées à partir de deux matériaux conçus spécialement à cette fin : une enveloppe extérieure en fibre et un revêtement intérieur en bioplastique qui se décomposent en dioxyde de carbone, en eau et en biomasse organique, ne laissant derrière aucune microparticule de plastique.
Pour créer sa capsule entièrement compostable, le chercheur, dont les travaux portent sur le développement de nouveaux matériaux dans une perspective de durabilité, a dû concevoir un nouveau bioplastique.
Alors que les matières plastiques classiques sont fabriquées à partir de produits chimiques ou de provenant de combustibles fossiles, les bioplastiques, eux, sont composés de monomères issus de la biomasse, comme le bois ou autres végétaux.
« Au début, nous avons importé des bioplastiques d’outre-mer et les avons mis à l’essai dans la fabrication de nos capsules. Ce travail nous a permis de déterminer les matériaux qui pouvaient nous être utiles et ceux qui ne répondaient pas à nos besoins, afin de créer de nouvelles formules en laboratoire ou avec l’aide de nos partenaires », explique Zac Hudson, aujourd’hui directeur scientifique de NEXE Innovations.
Il y avait plusieurs difficultés dont il fallait tenir compte : bon nombre de capsules compostables sur le marché comportent un fond mou, de sorte que le café moulu se trouve exposé à l’air et à l’humidité et risque alors de moisir rapidement. Par ailleurs, ces capsules contiennent moins de café que celles en plastique, ce qui peut donner un café assez faible.
Les capsules biodégradables ne doivent pas non plus trop ressembler aux capsules en plastique classique. Par le passé, l’adoption des capsules compostables a été grandement freinée par le fait que les consommateurs étaient incapables de les distinguer des capsules en plastique classiques, affirme Darren Footz, président et chef de la direction de NEXE Innovations.
L’équipe a fini par opter pour une solution mixte :
- d’une part, une capsule intérieure en bioplastique fabriquée à partir d’acide polylactique associé à d’autres ingrédients naturels qui résout les problèmes d’humidité, d’air et de chaleur et peut contenir une bonne quantité de café moulu;
- d’autre part, une enveloppe extérieure fabriquée en fibres de bambou qui conserve l’aspect et la sensation des fibres végétales.
Le nouveau bioplastique a été testé en collaboration avec le groupe de recherche de M. Hudson à la UBC, tandis que le compostage des capsules a été testé à l’usine de biocombustible de Surrey, où l’on produit tout le compost de la ville.
« Nous fabriquons maintenant notre propre bioplastique dans notre usine de Surrey et cherchons à accroitre de manière considérable la capacité de fabrication du bioplastique ici, au Canada », explique M. Hudson. « Nous travaillons également au développement de solutions de compostage à domicile pour nos capsules. »
Les capsules, qui sont compatibles avec toutes les machines à café de la marque Keurig K-Cup,
La réalisation des travaux de recherche et de production a été rendue possible grâce au financement du CRSNG, à
« Les amateurs de café sont très exigeants : si vous fabriquez un produit qui est bon pour la planète, mais que le café y perd en saveur, ils s’en lasseront assez rapidement », conclut M. Hudson. « Nous tenons à ce que nos capsules soient écologiques sans pour autant sacrifier le gout incomparable du café. »
Le présent article a été adapté, traduit et publié avec l’autorisation de la