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Histoire de recherche

Une équipe de recherche de la Western University veut révolutionner le DIU
Photo of Samantha Gateman sitting at a desk in front of a computer monitor, smiling to the camera.

Lorsque la professeure de chimie Samantha Gateman a réalisé qu’il n’existait sur le marché aucun dispositif intra-utérin (DIU) non hormonal n’entraînant pas d’effets secondaires importants, elle a eu envie de faire changer les choses.

Spécialisée dans la corrosion, Mme Gateman n’avait aucune expérience de recherche dans les technologies contraceptives, mais elle s’interrogeait sur le choix du cuivre pour les DIU et s’intéressait aux autres solutions possibles.

« J’avais moi-même eu de très mauvaises expériences avec plusieurs contraceptifs hormonaux », confie-t-elle. « Je cherchais donc un contraceptif à utiliser à long terme qui ne soit pas hormonal. La seule option qui s’offrait à moi était le DIU en cuivre, qui, selon les études, a tout un tas d’effets secondaires indésirables. »

Aujourd’hui, une équipe interdisciplinaire de la Western University, composée de chimistes, de spécialistes médicaux et de spécialistes des sciences sociales, travaille à la mise au point d’un DIU en fer. Leur objectif est de proposer une solution de rechange qui entraîne moins d’effets secondaires que la version en cuivre.

Des études ont montré qu’en dépit de leur grande efficacité et durabilité, les DIU ne sont pas sans inconvénients. Même s’ils contiennent une dose d’hormone plus faible que d’autres contraceptifs, comme les contraceptifs oraux, les DIU hormonaux peuvent provoquer des effets secondaires (p. ex., sensibilité des seins, maux de tête, acné, sautes d’humeur, dépression, prise de poids). Les DIU en cuivre non hormonaux, quant à eux, provoquent souvent des effets secondaires physiques, comme des douleurs au pelvis et des crampes d’estomac.

Le projet dirigé par Mme Gateman, qui vise à remédier aux faiblesses et aux effets secondaires associés aux deux types de DIU, pourrait changer la donne en matière de contraception.

Un article d’opinion expliquant les motivations de l’équipe à créer de nouveaux matériaux pour les DIU non hormonaux a récemment été publié dans la revue Women’s Health. Il aborde également les facteurs expérimentaux à prendre en compte et les obstacles sociétaux à la mise sur le marché d’un nouveau DIU.

Qu’est-ce qu’un DIU?

Un DIU est un petit dispositif en forme de T que l’on insère dans l’utérus pour prévenir les grossesses.

Il en existe deux grands types : les DIU hormonaux et les DIU non hormonaux. Le DIU hormonal libère directement dans la cavité utérine une petite quantité d’hormone qui épaissit la glaire cervicale, ce qui a pour effet de bloquer les spermatozoïdes. Il peut réduire les crampes et les saignements menstruels, et parfois bloquer l’ovulation.

Le DIU non hormonal, généralement en cuivre, fonctionne quant à lui différemment.

« Dans ce type de DIU, un fil de cuivre est enroulé autour de la tige principale du T, et une partie du cuivre s’oxyde au contact de l’environnement utérin », explique Mme Gateman. « Ces ions de cuivre freinent l’avancée des spermatozoïdes en les immobilisant. »

Mais les ions de cuivre provoquent également une inflammation. C’est d’ailleurs ce qui a amené Mme Gateman à étudier d’autres métaux.

Pour ce faire, elle s’est inspirée de ses recherches doctorales en chimie de la corrosion.

« D’autres métaux, comme le fer ou le zinc, se corrodent plus rapidement que le cuivre. Pour durer aussi longtemps que les DIU en cuivre, il faudrait que les DIU fabriqués à partir de ces métaux soient plus grands, ce qui les rendrait inconfortables », explique-t-elle.

Le nouveau DIU, à base de fer ou de zinc et doté d’un revêtement polymère conçu spécialement pour cet usage, offre une solution de rechange non hormonale qui ne provoque pas la réaction inflammatoire causée par les ions de cuivre.

Collaboration interdisciplinaire

Les médecins, chimistes et spécialistes des sciences sociales et des études sur les femmes et le genre qui composent l’équipe de recherche se réunissent fréquemment pour discuter des progrès réalisés et des défis rencontrés.

Mme Gateman souligne l’importance de cette collaboration et décrit la recherche comme un projet d’équipe regroupant des spécialistes de la Schulich School of Medicine & Dentistry, des gynécologues, des chimistes spécialisés dans les polymères et des spécialistes des sciences sociales.

Kate Choi, professeure de sociologie et directrice du Centre for Research on Social Inequality, jouera un rôle crucial pour ce qui est d’assurer l’accessibilité et l’acceptabilité du nouveau DIU au sein de diverses communautés.

« L’un des principaux objectifs est que les personnes ayant besoin d’un contraceptif puissent l’obtenir facilement », assure Mme Choi. « Nous voulons nous assurer que le nouveau DIU sera une option sûre et abordable pour toutes les personnes qui ont besoin d’un contraceptif, notamment pour les personnes issues de groupes marginalisés. »

« Cela signifie que nous devons comprendre où les différents groupes obtiennent leurs soins de santé reproductive et adapter nos stratégies de distribution en conséquence », ajoute-t-elle.

L’incertitude économique et la hausse du coût de la vie rendent d’autant plus nécessaire une méthode de contraception fiable et abordable.

Dean Betts, professeur à la Schulich School of Medicine & Dentistry, est un autre collaborateur clé dans le cadre du projet. Il étudie les effets des polymères et des métaux corrosifs sur la création d’embryons synthétiques.

« Je n’ai aucune expertise en corrosion des métaux, et les chimistes ont des connaissances limitées en embryologie. Mais ensemble, nous créons quelque chose de très spécial », confie-t-il.

Par la suite, l’équipe devra mettre au point le procédé de revêtement polymère, effectuer des tests approfondis in vitro et in vivo et, à terme, réaliser des essais cliniques sur des personnes.

« Ce projet est né d’une passion, mais il pourrait bien changer complètement la donne », se réjouit Mme Gateman.

Beaucoup d’autres chercheuses et chercheurs participent au projet, dont Joe Bryan Gilroy, Kirsten Oinonen, Lori Chambers et Basim Abu Rafea.

Le présent article a été adapté, traduit et publié avec l’autorisation de la Western University.